La ruée vers l’or, une époque lointaine
L’histoire des chercheurs d’or débute le 24janvier 1848, en Californie. John Sutter aménageait une scierie hydraulique au bord du Sacramento et un ouvrier découvrit des pépites d’or mêlées aux alluvions du fleuve. La presse qui avait déjà à l’époque une grande diffusion, répandit la nouvelle dans le monde entier.

La vie des chercheurs d'or
Les Américains, les « Yankees », se précipitèrent les premiers, suivis de près par des émigrants venus de tous les coins du monde par les moyens et les chemins les plus divers, contournant le Cap Horn, empruntant l’isthme de Panama ou traversant des régions désertiques. En l’espace de deux ans, près de 100 000 personnes suivirent les pistes de Santa-Fe et de l’Oregon. Européens, Mexicains et même Canaques, venus d’Océanie sur des baleiniers, affluaient. Les Chinois se retrouvèrent au nombre de 12 000 en l’espace de quatre ans.
Ces aventuriers basaient des camps de baraques en planches ou de tentes, sur le « placer », lieu où se trouvait l’or à exploiter. L’or se ramassait la forme de pépites, de poudre ou de filons souterrains. Les chercheurs d’or ramassèrent d’abord des paillettes d’or qui se trouvaient dans le lit des rivières et des ravins. Chaque chercheur d’or nouveau venu avait droit à 10 pieds carrés de terrain à exploiter, le daim, qu’il délimitait à l’aide de piquets et d’une pancarte à son nom, accompagné de sa date d’arrivée. Il était désormais tenu de commencer les travaux d ‘exploitation dans les trois jours suivants sinon quiconque avait le droit de prendre la place. Sous peine de déchéance, le propriétaire du daim devait travailler à l’extraction de l’or au moins une fois par semaine. Des hommes peu scrupuleux pratiquaient le daim jumping, qui consistait en la sous-traitance le lot du voisin sans son autorisation ! Ils tombaient alors sous le coup de la justice, lorsqu’elle était présente en de pareils lieux à cette époque.
Pour séparer l’or des matières impures qui l’entouraient, l’exploitant lavait la terre aurifère dans la battée. L’or tombait au fond de cette sorte de cuvette où l’eau avait expulsé la boue sous l’impulsion d’un mouvement giratoire.
A partir de ce principe, d’autres systèmes furent mis en pratique. Le berceau, caisson pourvu d’un tamis et inventé par les Chinois, tirait son nom du mouvement qu’on lui imprimait; quant au long-tom et au riffle-box, ils formaient un ensemble d’auges superposées agissant comme des bacs de décantation.
Plus tard, le travail individuel fit place au travail d’équipe certains mineurs creusèrent même des galeries sous le lit des rivières dans l’espoir d’y trouver une poche aurifère. Des compagnies se constituèrent en rachetant les terrains des prospecteurs individuels et cherchèrent des filons sous terre.
Qu’il se trouvât alors dans la mine ou sur le daim, le chercheur d’or travaillait dans des conditions malsaines. L’hygiène des camps était bien insuffisante et le choléra, le scorbut ainsi que des maladies pulmonaires ne tardèrent pas à s’étendre. Le premier hiver, on compta 10000 morts. Comme l’Etat de Californie ne s’occupait pas des mineurs, ils se regroupèrent par nationalité et s’administrèrent eux-mêmes.
Au sein de telles communautés où la poudre d’or devenait la monnaie en vigueur, l’ambiance n ‘était pas des plus recommandables. Le jeu et la boisson, les rixes, les crimes, le pillage et les incendies volontaires se multipliaient. Dégradant les esprits, la fièvre de l’or menait parfois à la folie, et même au suicide.

La terre des chercheurs d'or
Après celle de la Californie, d’autres ruées allaient suivre. L’appel de l’or au Nevada et en Virginie attira les foules, ce fut ensuite le Colorado. Dès qu’une place s’épuisait, une autre se découvrait. Mais bientôt l’or se fit rare et la population s’intéressa aux mines d’argent jusqu’alors traitées avec indifférence.
Un demi-siècle après la découverte de l’or californien, le calme revint avec une baisse de rendement généralisée dans toutes les exploitations minières. Ces ruées furent un bienfait car elles apportèrent une affluence massive de colons dans les régions dédaignées par les hommes, et créèrent des villes en des lieux désertiques, favorisant l’essor politique et industrielle d’une Amérique encore neuve alors tiraillée par la guerre de Sécession. C’est ainsi que de personnes issues de multiples origines se retrouvèrent sur le même sol, l’évolution de leurs échanges a contribué à la naissance de nombreux courants d’idées et de façon de vivre, comme par exemple la musique country ou le goût du mélange des genres ou la participation à l’évolution vers la tolérance.
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